
Cette incision du périnée visant à faciliter le passage du bébé lors de l’accouchement était souvent pratiquée il y a quelques années. A la suite d’études scientifiques, elle est aujourd’hui en nette régression et ne concerne que certains cas. Une avancée dans la démédicalisation de l’accouchement.

En quoi consiste une épisiotomie ?
L’épisiotomie est une incision chirurgicale occasionnellement pratiquée au niveau du périnée pour faciliter l’expulsion du bébé. Elle peut se faire sans anesthésie ou sous anesthésie péridurale. Elle est pratiquée par les sages-femmes ou par les obstétriciens. En France, l’incision est souvent faite de façon oblique, vers le bas (épisiotomie médio-latérale). Elle peut aussi être réalisée verticalement (épisiotomie médiane), mais avec des risques plus importants de lésion du sphincter anal. Une fois le bébé et le placenta sortis, la sage-femme ou le médecin suture l’épisiotomie sous anesthésie locale ou péridurale (1).
Une épisiotomie entraîne une certaine douleur physique car elle se situe dans une zone de tension. Lorsque la maman s’assied ou marche, son périnée bouge et ses mouvements entraînent des tiraillements douloureux.
Cette intervention a aussi un impact psychique et nécessite d’être bien expliquée par l’équipe obstétricale afin que la patiente ne se sente pas agressée ou violentée. D’ailleurs, le collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) sur la recommandation de la Haute Autorité de Santé, préconise de recueillir l’accord de la femme avant de pratiquer une épisiotomie (2).
Le périnée lors de la grossesse
Le périnée est un ensemble de muscles qui ferme le bas du bassin. Il comporte trois orifices : le méat urinaire, le vagin et l’anus. Comme un hamac, il soutient la vessie, l’utérus et les intestins. Tous ses muscles jouent un rôle important, notamment pour la continence (le fait de pouvoir retenir les urines et les selles) et pour éviter les descentes d’organes (prolapsus).
Durant la grossesse, sous la pression exercée par l’utérus qui soutient le bébé, le placenta et le liquide amniotique, ses muscles s’étirent entraînant un relâchement des tissus. Le périnée doit être à la fois fort pour supporter le poids du fœtus sans que le fonctionnement du sphincter de la vessie en particulier ne soit altéré. Il doit être également souple pour que l’accouchement puisse avoir lieu.
Certaines sages-femmes proposent d’initier la future maman à des automassages du périnée qui visent à l’assouplir et à le tonifier. En outre, ils permettent de prendre conscience de la région du périnée, de sentir les contractions de ses muscles et de mieux les maîtriser en vue de l’accouchement (3).
Le saviez-vous ?
91 % des femmes n’ayant jamais eu d’enfant connaissent le mot « périnée », mais seulement 50 % d’entre elles visualisent cette région de leur corps et savent énumérer dans l’ordre les trois orifices qui le constituent (4).

Pourquoi pratique-t-on moins d’épisiotomie qu’il y a quelques années ?
Pendant de nombreuses années, lors d’un accouchement par voie basse normal, l’épisiotomie a été pratiquée en vue d’éviter des lésions graves du périnée. Mais les études ont montré que cette intervention systématique ne le protégeait pas de dommages graves et qu’elle ne réduisait pas le risque de descente d’organes ou d’incontinence urinaire. C’est pour cette raison que le nombre d’épisiotomie a fortement diminué ces dernières années : la proportion d’épisiotomies réalisées lors d’accouchements par voie basse est passée de 20,1 % en 2016 à 8,3 % en 2021 (5).
Cependant, pour éviter les déchirures du périnée, elle reste préconisée lors de certains accouchements nécessitant le recours à un forceps, une ventouse, une spatule ou les accouchements des bébés en siège.
Ce changement de pratique constitue un progrès qui suit la tendance à la démédicalisation de l’accouchement.
Que faire pour favoriser la cicatrisation d’une épisiotomie ?
Les recommandations des sages-femmes pour favoriser la cicatrisation d’une épisiotomie, diminuer le risque d’infection et apaiser la douleur sont assez simples.
- Les fils de suture sont souvent résorbables. S’ils ne le sont pas, les faire retirer vers le 5è jour.
- Nettoyer deux fois par jour au moins la cicatrice simplement à l’eau et au savon doux, la sécher en tamponnant délicatement (ne pas frotter).
- Ne pas utiliser le sèche-cheveux : cela présente des risques de brûlure.
- Après chaque selle, nettoyer la cicatrice à l’eau et au savon doux.
- N’utiliser un antiseptique que sur prescription médicale.
- Changer très régulièrement de serviette hygiénique.
- Un traitement antibiotique préventif n’est pas recommandé.
- En cas de douleurs, se conformer au traitement prescrit par un professionnel de santé (sage-femme, gynécologue ou médecin).
- Appliquer une poche de glace souple, des compresses froides ou des coussinets rafraîchissants sur la zone périnéale pendant quelques minutes, plusieurs fois par jour.
- Préférer des sous-vêtements en coton pour éviter le risque d’irritation. Les matières synthétiques favorisent la transpiration et l’humidité.
- Adopter quand c’est possible, des positions qui soulagent le périnée : allongée sur le côté avec un coussin entre les jambes ou sur le dos avec les jambes légèrement surélevées.
- Attendre environ 6 à 8 semaines pour reprendre les relations sexuelles.
Un traitement homéopathique peut être prescrit en complément de ces mesures. Il est individualisé pour soulager les désagréments du post-partum selon les besoins spécifiques de chaque femme : apaiser la douleur éventuelle, accélérer la cicatrisation, assouplir la cicatrice, favoriser la récupération physique et psychique de la maman… Les médicaments homéopathiques sont sans effets secondaires connus et sont compatibles avec d’autres traitements en cours et l’allaitement maternel.
Durant toute la grossesse et pendant la période d’allaitement, il est impératif de demander l’avis d’un professionnel de santé avant de prendre quelque produit que ce soit.
(1) Hong Jiang, Xu Qian, Guillermo Carroli et Paul Garner, « Selective versus routine use of episiotomy for vaginal birth », Cochrane Database of Systematic Reviews, 8 février 2017
(2) https://www.ordre-sages-femmes.fr/wp-content/uploads/2018/01/Accouchement-normal-Recommandations.pdf
(3) https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00662750/PDF/memoire_rousselle.pdf
(4) Tonneau H, Branger B, Chauvin F, Guermeur J, Grall JY. Le périnée, qu’en savent les femmes ? Rev Sage-Femme [Internet]. 2005;(5). Disponible sur : https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S1637408805862200
(5) Enquête nationale périnatale Inserm Santé Publique France : résultats de l’édition 2021 - disponible sur https://www.santepubliquefrance.fr
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