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Baby blues chez les papas : causes, symptômes et comment y faire face ?

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L’arrivée d’un enfant est un grand bouleversement et la dépression post-partum peut toucher les mamans, mais aussi les co-parents. Bien que moins répandu, ce phénomène est cependant une maladie qui nécessite d’être détectée et prise en charge rapidement pour la santé mentale de toute la famille. L’homéopathie peut être une solution pour soulager les troubles du sommeil, les troubles anxieux modérés…

Baby blues, dépression post-partum, daddy blues : quelles différences ?

Le baby blues est une période de déprime passagère survenant chez la maman entre le 2e et le 5e jour après la naissance, pour disparaître spontanément en une quinzaine de jours environ. Causé par les modifications physiques, hormonales et psychologiques liées à l’accouchement, il se caractérise par des pleurs, des sautes d’humeur, de l’anxiété, le sentiment de perdre confiance en soi, de se sentir dépassée…Le baby blues touche entre 50 et 80 % des mères (1).

La dépression post-partum aussi appelée dépression post-natale ou périnatale est une maladie qui peut apparaître pendant les semaines ou les mois suivant l’arrivée de l’enfant et se prolonger bien plus longtemps que le baby blues. Chez des parents en bonne santé, 17 % des mères et plus de 10 % des pères sont susceptibles de la développer au cours de la première année de leur enfant (2).

Le daddy blues : bien que ce mot soit construit sur le modèle du baby blues, le daddy blues n’est pas la forme masculine du baby blues. En fait, il s’agit d’une expression désignant la dépression post-partum des papas ou co-parents.

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Quels sont les symptômes de la dépression post-partum du co-parent ?

L’arrivée d’un bébé entraîne de nombreux changements qui bouleversent la maman bien sûr, mais également le papa ou le coparent. Si les symptômes sont généralement moins apparents et plus progressifs chez les pères, certains comportements et attitudes peuvent être les signes d’une dépression post-partum :

  • être en proie aux doutes ;
  • perdre confiance en soi ;
  • ne pas avoir envie de s’occuper ou de s’intéresser au nouveau-né ;
  • préférer s’absenter du foyer ;
  • avoir peur d’être jugé ;
  • se sentir triste ;
  • se mettre en retrait et fuir les relations sociales ;
  • éprouver le sentiment de ne pas trouver sa place ;
  • avoir des difficultés à échanger avec sa partenaire.

Dans certains cas, ces symptômes peuvent s’accompagner d’une certaine anxiété, de troubles du sommeil, d’une perte d’appétit, d’une consommation excessive d’alcool ou d’une consommation de drogues.

Le saviez-vous ?

Chez des parents en bonne santé, plus de 10 % des pères sont susceptibles de développer une dépression post-partum au cours de l’année qui suit la naissance de leur enfant (3).

Quels sont les facteurs favorisant une dépression post-partum chez les co-parents ?

La dépression du post-partum du papa peut se manifester progressivement au cours de la première année de l’enfant. Elle peut être liée à plusieurs causes :

Des facteurs biologiques

La future maman n’est pas la seule à subir des changements hormonaux. Dans une moindre mesure, on observe des variations hormonales également chez les pères pendant la grossesse et après. Certaines études rapportent que les pères ayant des niveaux plus faibles de testostérone présenteraient davantage de symptômes dépressifs au cours de la première année suivant la naissance (4). Également, de faibles taux de prolactine et de cortisol pourraient conduire un père à éprouver des difficultés à s’adapter à son nouveau rôle et donc à présenter des signes dépressifs.

Des antécédents dépressifs

Un père présentant un épisode dépressif avant la naissance a plus de probabilités de manifester une dépression après l’accouchement.

Un isolement social

Lorsque le passage à la paternité est vécu difficilement par le père, l’environnement dans lequel il évolue devient primordial. La dépression post-partum peut le pousser à s’isoler socialement. Elle peut être accentuée par une relation conjugale jugée insatisfaisante, une perte d’intimité sexuelle et le sentiment de se sentir abandonné dans une situation où la mère s’occupe en priorité du bébé.

Une situation personnelle fragile

Le chômage, un faible niveau de revenu ou des addictions sont des facteurs qui favorisent la dépression post-partum.

Une dépression post-partum maternelle

Plusieurs études montrent que lorsque la mère souffre d’une dépression du post-partum, l'incidence sur le père est forte. La dépression post-natale paternelle se situerait entre 24 et 50 % comparée à une incidence comprise entre 1,2 et 25,5 % dans le cas où la mère n’est pas touchée (5).

La dépression post-partum paternelle peut avoir une incidence sur les bébés et entraîner des troubles psychoaffectifs, du développement et de l’adaptation sociale. Et cela, indépendamment du fait que la maman ait connu une dépression post-partum ou pas. Cet état a aussi un impact négatif sur l’ensemble de la famille. Dès les premiers signes, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé pour en parler et pour pouvoir être accompagné.

Dépression post-partum du papa et congé paternité

L’Inserm s’est intéressée à l’impact du congé paternité sur les risques de dépression post-partum chez chacun des parents. L’étude a été réalisée auprès de 13 000 mères et près de 11 000 pères dont l’enfant est né en 2011. Résultat : prendre deux semaines de congé paternité est associé à une diminution du risque de dépression post-partum chez les pères. En revanche, chez les mères, la prise du congé paternité par le conjoint ne semble pas avoir d’effet bénéfique significatif (6). De futures recherches devraient explorer davantage les bénéfices du congé paternité selon la durée et le moment où il est pris, notamment depuis que celui-ci est passé à 28 jours.

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L’impact de la dépression post-partum paternelle sur l’enfant

On sait depuis longtemps que l'état dépressif de la mère a une influence néfaste sur le développement du bébé (7). Une étude menée en 2008 par des scientifiques de l’université de Cambridge (8) a révélé que la dépression post-partum paternelle est associée à des troubles psychiatriques chez les enfants 7 ans plus tard, avec notamment des comportements négatifs, provocants ou même hostiles envers l'autorité. Et cela, indépendamment de la dépression postnatale maternelle. Une hypothèse est avancée pour expliquer ce phénomène : les réponses non adaptées du père aux sollicitations de l'enfant pourraient entraîner des interactions difficiles entre eux. Des recherches complémentaires sur les risques liés à la dépression post-partum paternelle sont nécessaires afin de développer une politique de santé publique visant à mieux la prévenir et la prendre en charge.

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Comment prévenir la dépression post-partum paternelle et se faire aider ?

Chez les pères, les symptômes dépressifs se manifestent plus progressivement et sont moins apparents que chez les mères. Néanmoins, la dépression post-partum paternelle a un impact sur la vie de famille et le développement de l’enfant. Il est donc essentiel de la diagnostiquer rapidement, avant qu’elle menace l’équilibre de chacun.

Partager ses émotions avec un professionnel de santé peut prévenir une aggravation des symptômes. Au sein des maternités, des hôpitaux ou lorsqu’ils exercent en libéral, les médecins, les pédiatres et les sages-femmes peuvent apporter une aide via leur écoute professionnelle ; mais aussi si besoin, en orientant le papa vers un praticien pour un suivi psychologique adapté, voire un traitement médicamenteux.

Reconnaître son état dépressif et en parler, c’est prendre soin de la santé mentale de son enfant, de sa conjointe et de soi-même. Quand la parentalité est difficile à vivre, demander de l’aide est une première étape importante pour la vivre sereinement.

L'homéopathie, un soutien complémentaire au quotidien

En complément d'un suivi médical ou psychologique, l'homéopathie peut apporter un soutien utile pour traverser cette période. Compatible avec un traitement conventionnel, elle aide notamment à mieux gérer les difficultés d'endormissement, les réveils nocturnes répétés, l'anxiété diffuse ou encore l'irritabilité, autant de symptômes fréquents du daddy blues. N'hésitez pas à en parler à la sage-femme qui a suivi la grossesse, votre médecin ou votre pharmacien, qui vous orienteront vers les solutions les plus adaptées.

(1) https://www.ameli.fr/rhone/assure/sante/devenir-parent/accouchement-nouveau-ne-et-retour-la-maison/baby-blues-depression-post-partum-grossesse - consulté en avril 2026

(2) https://presse.inserm.fr/les-peres-beneficiant-de-2-semaines-de-conge-paternite-seraient-moins-a-risque-de-developper-une-depression-post-partum/66419/ - consulté en avril 2026

(3) https://presse.inserm.fr/les-peres-beneficiant-de-2-semaines-de-conge-paternite-seraient-moins-a-risque-de-developper-une-depression-post-partum/66419/ - consulté en avril 2026

(4) Saxbe DE, Schetter CD, Simon CD, Adam EK, Shalowitz MU. High paternal testosterone may protect against postpartum depressive symptoms in fathers, but confer risk to mothers and children. Horm Behav. 1 sept 2017;95:103‑12. Disponible sur https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28757312/-

(5) Goodman JH. Paternal postpartum depression, its relationship to maternal postpartum depression, and implications for family health. J Adv Nurs. 2004 Jan;45(1):26-35. doi: 10.1046/j.1365-2648.2003.02857.x. PMID: 14675298. Disponible sur https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/14675298/

(6) https://presse.inserm.fr/les-peres-beneficiant-de-2-semaines-de-conge-paternite-seraient-moins-a-risque-de-developper-une-depression-post-partum/66419/ - consulté en avril 2026

(7) Sinclair D, Murray L. Effects of postnatal depression on children's adjustment to school. Teacher's reports. Br J Psychiatry. 1998 Jan;172:58-63. doi: 10.1192/bjp.172.1.58. PMID: 9534834. Disponible sur : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9534834/

(8) Depression in Men in the Postnatal Period and Later Child Psychopathology: A Population Cohort Study- Paul G. Ramchandani D.Phil., Alan Stein F.Evans M.D. Disponible sur https://www.sciencedirect.com/author/7005500586/paul-g-ramchandani