
Les bons réflexes pour renforcer l’immunité des enfants
L’immunité innée de l’enfant est en place dès sa naissance. En revanche, son immunité adaptative continue de se développer progressivement au cours des premiers mois de vie extra-utérine. Son alimentation, les agents pathogènes, les vaccinations… y contribuent. Il est aussi possible de la renforcer grâce à des bons réflexes au quotidien, et avec l’aide de l’homéopathie.

Comprendre le développement de l’immunité chez les enfants
L’enfant vient au monde avec une immunité acquise. En revanche, son immunité adaptative se perfectionne durant ses premières années.
Durant la grossesse, la future maman transmet à son bébé des anticorps qu’elle a produits en réaction contre les infections qu’elle a rencontrées au cours de sa propre vie et les vaccinations qu’elle a reçues. Cela permet au fœtus d’acquérir les bases de son immunité acquise.
Lors de l’accouchement par les voies naturelles, la cavité buccale du bébé en train de naître entre en contact avec la flore vaginale maternelle lors de son passage par le tractus génital maternel. Cela permet d’ensemencer son intestin et de commencer à développer un microbiote intestinal compétent (appelé aussi flore intestinale), qui joue un rôle immunitaire essentiel.
Lorsqu’il ingère le colostrum, le premier lait maternel naturellement protecteur, le bébé renforce sa capacité à se défendre. L’exposition à des agents pathogènes lui permet de renforcer ses mécanismes de défense en stimulant ses métabolismes immunitaires. C’est la fonction qui créé l’organe, et la contrainte qui maintient la fonction ! Son système immunitaire devient plus mature, il produit lui-même ses anticorps et développe progressivement une immunité adaptative (aussi appelée acquise).
Les différentes vaccinations qu’il reçoit à partir de l’âge de 2 mois entraînent son système immunitaire à synthétiser des protéines stimulatrices de l’immunité (« cytokines ») et à fabriquer des anticorps (par les plasmocytes, issus de la maturation des Lymphocytes B) pour neutraliser des agents pathogènes qui seront ensuite éliminés (pas les cellules macrophagiques du système immunitaire).
L’allaitement maternel est une opportunité pour le développement de l’immunité. Reconnu pour ses propriétés antimicrobiennes et antivirales, le lait maternel contribue à enrichir son microbiote intestinal et à consolider sa fonction immunitaire.
La diversification alimentaire vers l’âge de quatre ou six mois va participer de façon essentielle au développement et à l’enrichissement du microbiote du nourrisson en favorisant l’implantation de nouvelles bactéries.
Chaque fois qu’il rencontre des agents pathogènes (bactéries, virus, champignons, parasites), le système immunitaire de l’enfant se construit : il reconnait le corps étranger, il développe une réponse immunitaire (en activant des cellules et en fabriquant des anticorps) et il garde en mémoire la trace des infections passées (grâce aux « Lymphocytes mémoire »). Lors d’une future recontamination, sa réaction immunitaire se déclenchera plus précocement et plus intensément du fait de cette mémoire acquise, au sein de l’immunité du même nom. Ainsi, les maladies que l’enfant contracte durant ses premières années sont essentielles à la constitution très progressive d’une immunité complète et compétente, qui va conditionner sa santé infectieuse au cours de de la vie.
Comment renforcer l’immunité des enfants ?
L’immunité de l’enfant progresse dès la naissance. Elle se consolide jour après jour en s’appuyant sur certains fondamentaux…
Être vacciné
La vaccination reste un moyen fiable pour protéger l’enfant contre certaines maladies infectieuses qui peuvent parfois se révéler graves.
Quand on vaccine un enfant, on “entraîne” son système immunitaire pour qu’il apprenne à se défendre rapidement si le vrai microbe se présente plus tard. Cet entraînement déclenche deux grands types de réactions biologiques dans l’organisme :
1. La réponse humorale : la fabrication d’anticorps
Le vaccin aide certaines cellules de défense, les lymphocytes B, à produire des anticorps.
Les anticorps sont de petites protéines très spécifiques : ils reconnaissent un microbe précis et l’aident à être éliminé.
Ils sont un peu comme des clés parfaitement adaptées à une serrure particulière.
2. La réponse cellulaire : l’activation des “cellules tueuses”
Le vaccin active aussi d’autres cellules de défense, les lymphocytes T CD8, qui deviennent des cellules capables de détruire directement les cellules infectées.
On peut les comparer à des “soldats d’élite” qui interviennent quand un virus ou une bactérie a déjà pénétré dans une cellule.
La mémoire immunitaire : la protection sur le long terme
Après la vaccination, une partie des lymphocytes (appelés lymphocytes mémoire) garde en mémoire la façon de fabriquer les anticorps et d’activer les cellules de défense.
Grâce à cette mémoire, si l’enfant rencontre un jour le vrai microbe, son corps saura réagir très vite et très efficacement pour l’empêcher de provoquer la maladie.

Avoir une alimentation saine, diversifiée et équilibrée
Un apport diversifié en nutriments (vitamines, glucides, protéines, lipides, éléments minéraux et fibres alimentaires) améliore le fonctionnement du système immunitaire de l’enfant (comme celui de l’adulte). Cette diversité alimentaire permet de prévenir et de combattre les infections. Les repas d’une journée d’un enfant doivent totaliser au moins 5 portions de fruits et légumes ; des céréales (riz, pâtes ou pain) et des légumes secs ; 3 ou 4 produits laitiers ; de la viande, du poisson ou des œufs… Tout cela accompagné d’eau, la seule boisson indispensable à la santé !
Pour booster cette diversité, il est important d’éveiller l’intérêt de l’enfant pour de nouveaux aliments. La recette : varier les goûts, les textures et les couleurs ; cuisiner maison et avec lui s’il est en âge de le faire ; représenter sous une autre forme un aliment que l’enfant aurait refusé une première fois ; respecter son appétit et ne jamais le forcer ; lui expliquer l’intérêt du « bien manger et manger bien », l’alliance plaisir-santé, éviter les produits ultra-transformés qui sont souvent trop gras, trop sucrés et d’une teneur médiocre en micronutriments…

Bien dormir
Le sommeil est fondamental pour la santé en général, et pour le soutien d’une bonne immunité en particulier. Le sommeil permet l’activation de différentes fonctions biologiques qui participent aux 2 types d’immunité, et il est démontré qu’une carence de sommeil diminue les défenses immunitaires (par le cycle du cortisol) et altère l’efficacité des vaccinations. Le sommeil consolide en outre la mémoire immunitaire en soutenant le métabolisme des Lymphocytes mémoire. Selon l’âge, les recommandations de temps de sommeil par jour (sieste comprise) (1) évoluent :
- De 0-6 mois > 16 à 17 heures
- De 1 à 2 ans > 11 à 14 heures
- 3 ans > 13 heures
- 6 ans > 12 heures
- 12 ans > 9 heures

Bouger
L’activité physique contribue à maintenir l’organisme en bonne santé et stimule le système immunitaire. Les recommandations évoluent naturellement avec l’âge :
- Pour le nourrisson de moins d'un an : il devrait être actif plusieurs fois par jour lors de jeux interactifs au sol. Par exemple, lorsqu’il est allongé sur le dos, lui tendre un index pour qu’il l’attrape et le tirer afin qu’il se redresse (veiller à maintenir sa tête). Lorsqu’il est allongé sur le ventre, poser près de lui un objet coloré pour l’attirer et l’inciter à ramper vers lui. Enfin, les chatouilles sont aussi un moment de complicité où le bébé est pleinement actif.
- Pour l’enfant de 1 à 2 ans : au moins 180 minutes d’activité physique de types et d’intensités variés, y compris d’intensité modérée à forte, tout au long de la journée sont recommandées. A ce stade, le bébé change fréquemment de position, rampe et essaye de se mettre debout en s’agrippant à un meuble : ça bouge !
- Pour l’enfant de 3 à 4 ans : 180 minutes au moins d’activité physique de type et d’intensité variés, dont 60 minutes d’une intensité modérée à soutenue, réparties tout au long de la journée sont bénéfiques à sa santé. Toboggan, marche, course, sauts, lancers, jeux d'équilibre, initiation à la natation… Les exercices physiques ne manquent pas !
- Pour l’enfant de 5 à 11 ans : en moyenne 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à soutenue, principalement d’endurance, tout au long de la semaine sont conseillées. Il s’agit par exemple d’aller à l’école à pied ou à vélo, de participer à des jeux collectifs, de pratiquer un sport au sein d’un club…
L’homéopathie pour renforcer l’immunité
L’homéopathie en traitement de fond peut contribuer à soutenir l’immunité des enfants. Ce type de traitement peut être prescrit par un médecin homéopathe après une consultation approfondie, en tenant compte du terrain de l’enfant, de ses antécédents, des circonstances déclenchantes éventuelles (l’hiver, le brouillard, le coup de froid…) et des modalités de déroulement de la maladie (petite ou grosse fièvre, sueurs ou pas, rhume puis bronchite, ou pneumopathie d’emblée, etc…). Les médicaments homéopathiques sont sans effets secondaires connus et peuvent être utilisés en complément des médicaments conventionnels.



