
Le syndrome pieds-mains-bouche est une infection virale fortement contagieuse. Bénigne, elle guérit spontanément sans séquelle, mais entraîne des symptômes gênants, dont des vésicules qui créent des démangeaisons et peuvent s’infecter. Des traitements homéopathiques existent pour les soulager.

Quels sont les premiers symptômes du pieds-mains-bouche ?
Durant les premières 24 ou 48 heures, l’enfant peut avoir de la fièvre modérée (entre 38 °C et 39 °C), se plaindre de maux de tête, de maux de gorge, présenter une rhinite (obstruction nasale puis écoulement, sécrétions claires puis épaisses), ressentir des douleurs abdominales accompagnées de diarrhées, de vomissements, et avoir peu d’appétit. La plupart des cas de SPMB sont dus au Coxsackie A16, à l’origine de formes bénignes asymptomatiques, en particulier chez les enfants en bonne santé. D’autres entérovirus peuvent être responsables du syndrome (Coxsackies A6, A10…) Exceptionnellement, des formes graves peuvent survenir, en lien avec un variant du virus (entérovirus 71 ou EV-71).

Quels symptômes apparaissent ensuite ?
Après des premiers symptômes généraux, d’autres signes se manifestent :
- Au niveau de la bouche : l’enfant a la bouche et la gorge rouges (mucite et pharyngite). Des petits points rouges appelés papules apparaissent autour de la langue, sur les gencives et à l’intérieur des joues. Ils se transforment en vésicules contenant du liquide. Rapidement, ces vésicules percent et laissent place à de petits ulcères peu profonds et cernés d’un halo rouge, ressemblant à des aphtes. Ces ulcères peuvent être douloureux au point que l’enfant refuse de manger et de boire.
- Au niveau des pieds et des mains : en même temps ou très rapidement après, l’enfant présente une éruption soudaine de papules qui évoluent en vésicules de forme ovale et de couleur gris clair. Elles sont localisées sur les doigts et notamment autour des ongles, sur le dos ou la paume des mains, ainsi que sur la plante des pieds.
Les papules ne sont pas douloureuses, mais entrainent des démangeaisons au moment où elles se transforment en vésicules.
Dans certains cas, le pieds-mains-bouche peut s’étendre et atteindre les bras, les jambes et les fesses, voire le ventre et le dos. Après une incubation de 3 à 5 jours, le pieds-mains-bouche entraîne un inconfort pendant une dizaine de jours tout au plus (2). A l’issue de cette infection, il arrive que certains ongles de l’enfant tombent, ce qui est sans gravité et ne nécessite pas de traitement particulier.
Pourquoi faut-il résister aux démangeaisons ?
Il est recommandé de ne pas gratter les vésicules pour limiter les risques de surinfection, tels que l’impétigo : une infection bactérienne de la peau le plus souvent due au Staphylocoque doré. Un médecin ou un pharmacien peut prescrire un traitement pour calmer les démangeaisons de l’enfant. L’homéopathie permet également de réduire l’envie de grattage et d’accompagner l’éventuelle surinfection bactérienne.
Quelle est la différence entre un syndrome et une maladie ?
Un syndrome décrit ce que l’on observe ; une maladie explique pourquoi on l’observe : un syndrome réunit un ensemble de signes et de symptômes survenus de manière concomitante, sans que la cause soit nécessairement identifiée.
La maladie est une entité pathologique bien définie, avec une cause précise et un mécanisme physiologique bien caractérisé.

Comment le virus pieds-mains-bouche se transmet-il ?
Le pieds-mains-bouche est un syndrome fortement contagieux, particulièrement en collectivités (crèches, école) et sévit sous forme d’épidémies, plus particulièrement en été et à l’automne. L’enfant est contagieux 2 jours avant l’éruption et surtout durant la première semaine de l’éruption . Dans la littérature, on trouve la possibilité d’une présence virale dans les selles.
La transmission de cette infection se fait essentiellement par contact direct ou indirect.
Par contact direct : lorsque l’enfant infecté tousse ou éternue, il propage des gouttelettes contaminées dans l’air environnant et infecte son entourage. Également, lors d’un changement de couche, le virus contenu dans ses selles peut infecter la personne qui le change si elle ne se lave pas immédiatement les mains et qu’elle se touche les yeux, le nez ou la bouche. La transmission peut aussi se faire par contact cutané direct avec les vésicules.
Par contact indirect : des objets ou des surfaces souillées comme les poignées de porte, les doudous, les tétines, les biberons, les jouets, les gobelets… peuvent être des vecteurs de la maladie.
Le syndrome est immunisant pour le virus responsable, mais comme plusieurs virus peuvent le provoquer, il est possible de l’attraper plusieurs fois au cours de la vie.
Le saviez-vous ?
En France, plus de 85 % des infections pieds-mains-bouche concernent des enfants de moins de 6 ans (1). Les adultes aussi peuvent être touchés, surtout au contact d’enfants malades, mais les formes adultes sont plus rares et généralement bénignes, le sujet en grandissant s’étant progressivement immunisé contre les entérovirus.
Comment éviter ce virus ?
La prévention du pieds-mains-bouche passe essentiellement par un renforcement de l’hygiène.
- Pour les parents et les personnes qui s’occupent quotidiennement de l’enfant :
Le lavage minutieux des mains avec de l’eau et du savon est essentiel, notamment après avoir changé la couche de l’enfant ou l’avoir mouché.
Il est fortement conseillé d’éviter les contacts rapprochés avec l’enfant malade pendant la période de contagiosité, c’est-à-dire la première semaine. L’éviction de la crèche ou de l’école n’est pas obligatoire, mais vivement conseillée si l’enfant présente de nombreuses lésions. Il est toutefois nécessaire de prévenir le lieu d’accueil ou la personne qui s’occupe de l’enfant.
Éviter que l’enfant ait des contacts rapprochés avec des personnes fragiles, à risque de forme grave de la maladie : sujets âgés, sujets immunodéprimés, diabétiques, patients sous chimiothérapie ou femmes enceintes.
- Concernant l’enfant malade, lui-même :
Lui laver régulièrement les mains et frotter entre ses doigts. S’il est en âge de le faire, lui apprendre à se laver les mains soigneusement.
Lui couper les ongles courts.
- Dans la maison :
Les virus responsables du pieds-mains-bouche pouvant survivre assez longtemps sur des surfaces et objets contaminés (7 jours), il convient aussi de désinfecter très régulièrement la table de change avec de l’eau javellisée ou tout produit désinfectant certifiés virucides (norme EN 14476.).
Nettoyer également les surfaces et les objets fréquemment manipulés par l’enfant malade : jouets, biberons, couverts, verres…
Laver son linge et ses draps à l’eau chaude (> 60 °C).
Aérer quotidiennement sa chambre et maintenir sa température à 19°C.

Comment apaiser un bébé atteint du syndrome pieds-mains-bouche ?
Si l’enfant présente un grand nombre de lésions au niveau de la bouche, privilégier une nourriture froide, peu acide et non épicée qui limite le ressenti de la douleur : yaourts, glaces, lait froid… Éviter les aliments durs (pain, céréales…) et chauds. Servir plutôt des purées et des soupes tièdes. Si l’enfant a des diarrhées, lui donner souvent des boissons sucrées et salées (soluté de réhydratation vendu en pharmacie, bouillon de poule…) pour compenser la perte de liquide et éviter le risque de déshydratation.
Concernant les lésions cutanées : pour la toilette, utiliser un savon doux, sécher la peau en la tamponnant (ne pas frotter). Respecter les consignes d’hygiène : lavage des mains à l’eau savonneuse régulier et ongles coupés courts. Ne pas utiliser de talc ou de crème sur les lésions car elles pourraient favoriser la macération et les surinfections mycosiques ou bactériennes. Appliquer un antiseptique local sans alcool. Demander conseil à un pharmacien pour connaitre le produit le mieux adapté.

L’homéopathie pour soulager les symptômes du pieds-mains-bouche
Le syndrome pieds-mains-bouche étant d’origine virale, il ne nécessite pas de traitement antibiotique. Le traitement consiste essentiellement à soulager les symptômes et l’homéopathie est une solution adaptée pour réduire les désagréments.
Elle peut être prescrite pour traiter la fièvre, la fatigue, la perte d’appétit, la diarrhée. Elle apaise les symptômes buccaux : aphtes douloureux, inflammation de la muqueuse, hypersalivation, langue blanche, difficultés à déglutir…
Des médicaments homéopathiques peuvent aussi calmer les manifestations cutanées comme les démangeaisons, les sensations de picotements et de brûlures ainsi que les vésicules.
Enfin, l’homéopathie est aussi indiquée dans le cas où les ongles de l’enfant deviennent cassants, se ramollissent, se déforment ou s’effritent.
Les médecins intégrant l’homéopathie dans leur pratique recommandent une prise en charge précoce afin de limiter l’importance des lésions et leur étendue, ainsi que de réduire le risque d’impétigo secondaire.
Les médicaments homéopathiques sont sans effets indésirables connus et compatibles avec d’autres traitements médicamenteux en cours. Ils sont adaptés à tous les âges, tous les terrains et tout particulièrement aux enfants.
Les 5 questions les plus fréquentes sur le syndrome pieds-mains-bouche
(1) https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0515370022002166
(2) https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/syndrome-pieds-mains-bouche/definition-symptomes-evolution



